Monitoring : prouver et suivre les réductions de méthane

Réduire le méthane entérique des élevages laitiers

Depuis toujours, chez Valorex, nous nous attachons à démontrer scientifiquement ce que le terrain et l’expérience des éleveurs et éleveuses révèlent : l’impact tangible de nos solutions sur la santé de leurs animaux et leurs productions.

Lorsque l’effet de TRADILIN® sur la réduction des émissions de méthane a été prouvé, nous avons naturellement voulu aller plus loin.

Pour évaluer et suivre précisément cet impact, nous avons développé un outil de monitoring dédié.

élevages suivis sur l'année fiscale 2024/2025
500
 0/8000 
2023 / 2024
 0/8000 
2024 / 2025
 0/8500 
Objectif 2030

Du 1er avril 2024 au 31 mars 2025, 1 461 élevages laitiers en France et à l’étranger ont été suivis, soit par un fabricant d’aliments soit par une laiterie, avec un outil de monitoring basé sur l’équation de prédiction du méthane à partir des acides gras du lait. Pour 2030, l’objectif affiché est de 8 500 éleveurs et éleveuses !

Comprendre les mécanismes de réduction du méthane

Pour expliquer la hausse de productivité constatée chez les vaches nourries au TRADILIN®, nous avons mené des études, en partenariat avec des laboratoires de recherche publics et privés. Celles-ci ont révélé le rôle des oméga-3, présents dans le lin, lors de la fermentation des aliments dans le rumen. Ces acides gras essentiels permettent en effet aux micro-organismes de limiter la production d’hydrogène, responsable de la synthèse de méthane.

Cet hydrogène, non transformé en méthane, est converti en énergie supplémentaire par l’animal, ce qui lui permet de produire plus de lait. Une dose de 500 g de TRADILIN® permet donc de réduire de 9 % le méthane émis par une vache laitière.

Mais pour pouvoir communiquer sur cet atout majeur de notre produit, nous souhaitions quantifier les économies de méthane effectivement réalisées. Et donc, en tout premier lieu, savoir comment évaluer les quantités de méthane émises avant, pendant et après changement de régime alimentaire du troupeau laitier.

La réduction du méthane mise en équation

Il fallait trouver une solution fiable, d’un coût abordable et simple à mettre en place par l’éleveur ou l’éleveuse. Plusieurs équipes et instituts de recherche se sont penchés sur le sujet, en explorant diverses directions (mesures de CH4 avec le troupeau « sous cloche », dispositifs de mesure individuels, etc.). Une piste sérieuse a vu le jour quand des chercheurs sont parvenus à établir un lien entre :

  • la composition des acides gras présents dans le lait,
  • le niveau de production laitière,
  • les émissions de méthane entérique.

À partir de ces éléments, une équation de prédiction des quantités de méthane émises a été mise au point, avec la contribution de l’INRAE. Dès lors, en utilisant l’échantillon de lait prélevé régulièrement par les laiteries, une analyse d’acides gras pouvait être réalisée sur le lait du troupeau. En rapprochant les résultats avec les chiffres de leur production laitière, il était ainsi possible de connaître le niveau de méthane émis par chaque troupeau.

Début des années 2000
mise en place d’études sur le lien entre méthane et acides gras

Au début des années 2000, de nombreuses études sont menées sur le lien entre méthane entérique et acides gras. Des articles seront ensuite publiés pour décrire les relations entre, d'une part,
la production de méthane et la production des différents acides gras volatils lors de la rumination et, d'autre part,
la nature des acides gras volatils et le profil en acides gras de la fraction lipidique du lait.

Début des années 2000
2009
dépôt du brevet de l’équation

En se basant sur le travail des dernières années, et avec l’appui de l’INRAE nous développons une équation de prédiction du méthane entérique. Valorex et l'INRAE dépose alors un brevet sur cette équation auprès de l'INPI. Elle sera ensuite testée par de nombreux instituts techniques et fera l’objet de plusieurs publications scientifiques peer-reviewed.

2009
2010
intégration de l’équation dans la démarche éco-méthane

Bleu-Blanc-Coeur développe un programme de financement pour les élevages qui adoptent des pratiques vertueuses pour réduire les émissions de méthane entérique, c’est le programme Eco-Méthane. Ce programme fonctionne grâce à un système de mécénat où les éleveurs et éleveuses peuvent obtenir un financement proportionnel aux tonnes de méthane qu'ils économisent. 

2010
2012
Reconnaissance de la méthode par l’unfccc

En 2012, cette méthode est reconnue par l’UNFCCC, la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Elle bénéficie également d'une reconnaissance par le ministère de l’écologie français et par la commission nationale climat belge.

2012
2015
Reconnaissance de la démarche durant la cop21

La démarche est publiée sur le Hub des Solutions Climat, une plateforme créée dans le cadre de la préparation de la COP21. Elle est également Lauréat de "My positive impact", initiative lancée par la fondation Nicolas Hulot en partenariat avec l'Ademe.

2015
2021
reconnaissance de l'équation en France et en Europe

La méthode Eco-Méthane portée par Bleu-Blanc-Coeur bénéficie de l’approbation du Ministère de la transition écologique et est reconnue par le label “Bas-Carbone”. L’équation de suivi est également intégrée dans l’outil d'évaluation de l'empreinte carbone CAP'2ER, porté par l'institut de l'élevage IDELE.
Enfin, elle a été le sujet d’une publication scientifique lors du 72ème congrès de l'European Federation of Animal (EAAP) sur les performances de prédiction du méthane des équations basées sur les acides gras du lait (Mendowski et al., 2021)

2021

Et d'autres perspectives à venir

Après la reconnaissance de l’équation, il restait un dernier problème à résoudre. La technique de Chromatographie en Phase Gazeuse (CPG), nécessaire pour l’analyse chimique des acides gras du lait, coûte environ 150 € par échantillon. Une somme incompatible avec le déploiement large d’un monitoring. Pour résoudre ce problème, nous avons collaboré avec des équipementiers Infra Rouge pour développer une calibration permettant de prédire les acides gras du lait à partir du spectre. Nous avons ensuite déployé auprès des laboratoires interprofessionnels français ce modèle basé sur l’analyse au spectromètre Medium Infrarouge (MIR), dont le coût est bien plus abordable, se situant entre 5 et 10 € par échantillon.

La boucle était bouclée et tous nos objectifs fixés, atteints. Le monitoring pouvait être lancé à grande échelle.

Rendre la réduction du méthane visible et accessible

Très simple à mettre en place, cette équation est la base de plusieurs outils de monitoring (Visiolait, Visiolac, Milk Meter…). Ces outils de collecte et d’analyse de données permettent de prédire l’intensité de méthane entérique émis par les élevages laitiers.

Généralement portées par les fabricants d’aliment et des laiteries, des campagnes de déploiement de monitoring dans les exploitations laitières permettent ainsi d’établir rapidement un état des lieux des émissions de CH4, ferme par ferme. Il est ensuite plus facile de sensibiliser les éleveurs aux solutions possibles pour limiter ces rejets et de les encourager dans des démarches d’amélioration.

Sujet quasiment absent des discussions professionnelles et des argumentaires de vente des fabricants d’aliment, il y a encore peu, la réduction du méthane entérique devient un enjeu de plus en plus présent en élevage. La sensibilisation commence à porter ses fruits et le monitoring est un outil de premier ordre dans le passage à l’acte des professionnels du secteur :

  • En prouvant la baisse effective du méthane dès les premières semaines, Visiolait est très motivant pour les éleveurs et éleveuses qui peuvent réaliser d’où ils partent et voir jusqu’où ils peuvent aller en matière de réduction du méthane. Un argument de poids pour répondre à certaines critiques portant sur l’élevage.
  • Pour inciter leurs clients à prendre en compte le volet Méthane dans leur choix de nutrition animale, les fabricants d’aliments s’emparent de plus en plus des outils Visiolait (en France) et Visiolac (à l’international).
  • Avec la plateforme Milk Meter, les laiteries peuvent considérer les résultats de leurs éleveurs et éleveuses et avoir une vue globale de l’impact de leur entreprise. Un atout non négligeable en matière de communication auprès des clients et institutionnels.

Zoom sur Visiolait : un outil de pilotage et de sensibilisation

Au-delà du suivi des indicateurs zootechniques, Visiolait offre aux éleveurs et éleveuses une visualisation concrète des réductions de méthane entérique obtenues grâce à l’alimentation. L’outil intègre un compteur personnel estimant le méthane évité, exprimé en équivalent CO2 et en kilomètres non parcourus en voiture : un repère simple pour prendre la mesure de l’impact environnemental de son élevage.

Pensé pour être accessible à la fois aux éleveurs, éleveuses et à leurs nutritionnistes, Visiolait facilite l’appropriation des résultats, soutenant ainsi une dynamique de progrès continue. En plus de sa fonction de monitoring, c’est un véritable levier de sensibilisation, qui incite à engager des actions concrètes pour la transition agroécologique.

Notre équation de suivi du méthane est le résultat de nombreuses recherches et a été de nombreuses fois reconnue

Moss et al. | 2000

Methane production by ruminants: its contribution to global warming

chilliard et al. | 2000

Ruminant milk fat plasticity: nutritional control of saturated, polyunsaturated, trans and conjugated fatty acids

Chilliard et al. | 2001

Contrôle de la qualité nutritionnelle des matières grasses du lait par l’alimentation des vaches laitières : acides gras trans, polyinsaturés, acide linoléique conjugué

Schmidely et al. | 2001

Taux butyreux et composition de la matière grasse du lait chez les petits ruminants : effets de l’apport de matières grasses ou d’aliment concentré

Gworgwor et al. | 2006

Environmental implications of methane production by ruminants : a review

Martin et al. | 2006

Comment réduire la production de méthane chez les ruminants ?

Couvreur et al. | 2007

Le globule gras du lait : secrétion, composition, fonctions et facteurs de variation

reconnaissance unfcc | 2012

Réduction des émissions de méthane d’origine digestive par l’apport dans l’alimentation des vaches laitières de sources naturelles en Acide Alpha Linolénique (ALA).

Reconnaissance COP21 | 2015

Une méthodologie permettant de réduire les émissions de méthane