Accueil » Nos actions à impact » Développer les cultures d’oléoprotéagineux mineurs en France : un enjeu pour les sols et la biodiversité

L’agriculture française est en pleine mutation face aux défis environnementaux et alimentaires. Les graines oléoprotéagineuses, comme le lin, la féverole, le pois, le soja ou le lupin, représentent une opportunité unique d’accompagner cette transition vers des systèmes plus durables. Au-delà de leurs intérêts pour la nutrition humaine et animale, ces cultures jouent également un rôle essentiel dans la restauration des sols et la préservation de la biodiversité. Pourtant, leur production en France reste limitée, laissant la place aux cultures céréalières principalement, et obligeant à importer une grande partie de nos besoins en protéines végétales.
En misant sur ces cultures et leur implantation en France, nous souhaitons réduire la dépendance aux importations de protéines végétales, favoriser des cultures à faible impact carbone et apporter une plus grande diversité culturale.

L’extension des cultures d’oléoprotéagineux ne répond pas uniquement à une logique de production alimentaire. Elle joue un rôle majeur dans la préservation des sols et de la biodiversité.
Les protéagineux sont des légumineuses capables de fixer l’azote de l’air et d’en faire profiter la culture, réduisant ainsi le besoin d’engrais azotés de 50 à 80 unités par hectare, ce qui contribue à améliorer naturellement la structure et la fertilité des sols. Cet azote reste également présent dans les sols pour les cultures suivantes.
Le système racinaire pivotant du lin aide à structurer les sols, augmenter leur porosité et leur capacité d’infiltration. Cela favorise l’infiltration de l’eau et limite l’érosion des sols. C’est une culture parfaitement adaptée aux techniques sans labour, mais également un excellent précédent pour les cultures suivantes. Ainsi, un blé implanté après une culture de lin oléagineux peut voir son rendement augmenter de 10%.
Les oléoprotéagineux, comme le tournesol, le colza ou la féverole, représentent une source abondante de nectar et de pollen, pour de très nombreux insectes butineurs. En retour, ils jouent un rôle majeur pour ces cultures hôtes, pour la régulation des ravageurs et la pollinisation des cultures.
Par ailleurs, elles participent à la réduction de la pression des maladies et ravageurs sur les céréales et le colza en brisant leurs cycles biologiques, limitant ainsi le recours aux traitements phytosanitaires.
Comparatif Indice de Fréquence de Traitement phytosanitaires (IFT)
Enfin, la féverole, le soja et le lupin constituent une alternative locale précieuse au soja importé, souvent lié à la déforestation en Amérique du Sud.
Ces nombreux bénéfices environnementaux et agronomiques renforcent notre conviction qu’il est essentiel d’amplifier la culture de ces graines en France. D’une part, pour favoriser l’agriculture régénératrice sur notre territoire, et d’autre part, pour répondre à une demande croissante de ces cultures essentielles aux filières agricoles.
Agricultrice en Eure-et-Loir, Angélique Le Borgne a introduit le lin oléagineux de printemps en 2019 pour lutter contre le ray-grass résistant.
En plus de casser le cycle des adventices et de réduire la pression des mauvaises herbes, cette culture améliore la structure du sol et limite l’usage des intrants. Son système racinaire favorise la vie microbienne et contribue à la préservation des sols. Avec des rendements pouvant atteindre 21 q/ha, le lin oléagineux se révèle être une culture résiliente, rentable et bénéfique pour la biodiversité.
Sur l’année fiscale 2024 / 2025, nous avons acheté 41 943 tonnes de graines oléoprotéagineuses françaises pour approvisionner notre usine et celles de nos partenaires.
Parmi ces achats, le lin français représente 30 000 tonnes, soit l’équivalent d’une superficie de 16 000 hectares. Pour les légumineuses à graines (soja, pois, lupin et féverole), les 19 000 tonnes restantes, soit un peu plus de 5 800 hectares.
Cependant, ces besoins augmentent et vont continuer d’augmenter. Pour les couvrir, il faudrait doubler cette surface et atteindre 50 000 hectares de cultures oléoprotéagineuses mineures.
Si l’on adopte un autre point de vue, en considérant la capacité à produire des surfaces nécessaires pour approvisionner notre marché potentiel, l’enjeu prend une autre dimension. Pour atteindre 30 % des élevages laitiers français avec une incorporation de 0,5 kg de TRADILIN® par jour, il faudrait cultiver environ 100 000 hectares de lin oléagineux en France. Cela représente quatre fois les surfaces actuelles consacrées à cette culture. Ce chiffre, pouvant paraître impressionnant de prime abord, reste modeste au regard des 9 millions d’hectares de céréales cultivées en France, ou encore des 1,3 million d’hectares de colza et 600 000 hectares de tournesol.
Pour favoriser le déploiement de ces cultures d’oléoprotéagineux, nous avons entrepris de leur redonner de l’intérêt, en construisant un modèle économique solide bâti sur la durée et en sensibilisant les professionnels aux bienfaits de ces cultures, souvent négligées.
Menées en France, ces actions seront également mises en place progressivement autour des sites de transformation de nos partenaires. Avec le même enjeu et la même ambition : accroître la culture de graines à faible impact carbone, favorisant la biodiversité et améliorant la santé des sols.
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